Le serment

Le serment
Auteur: krissa
Date: 31-08-2006 22:08

"juger, c est de toute évidence ne pas savoir, parce que si on savait on ne jugerait pas"

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Re: le serment
Auteur: krissa
Date: 31-08-2006 22:15

La Vérité de Dieu n est pas la vérité de la justice.
La Vérité de la justice n est pas la vérité des hommes.
La vérité du coeur n est pas la vérité de l esprit.
La vérité politique n est jamais absolue.

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Re: le serment
Auteur: krissa
Date: 31-08-2006 22:22

A tous ceux qui sont victimes d injustices.
A tous ceux qui souffrent en silence.
A tous les démunis que la dignité empêche de tendre la main.
A tous ceux qui sont victimes de la mondialisation qui n est rien d autre que le néocolonialisme contemporain.

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Re: le serment
Auteur: krissa
Date: 31-08-2006 22:39

Un autre monde est possible:
Celui de l amour , de la solidarité, du pardon et de la compréhension.
Notre monde doit cesser d'être politique. Il doit etre citoyen.Tant que cette revolution de la citoyennetè qui est la suite naturelle de celle de 1789, notre vie se deroulera dans une toile de fond peinte de catastrophes et de scandales sous toutes leurs formes.Arretons au moins de nous mentir et de nous diaboliser pour tuer le stress qui nous mine pour que le monde respire enfin le parfum de l hamanitè.

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Re: le serment
Auteur: krissa
Date: 31-08-2006 23:26

PREFACE.
"Le serment", percu comme un texte vivant,interpelle toute conscience a travers des allusions tantot voilèes,tantot virulentes sur la vie de tous les jours,avec son cortege de desagrements:embouteillages,dos d ane,sabots,inondations,delestages,violence,drogue,corruption...
Ce texte ecorche avec douceur et violence a la fois nos frustrations a travers un clin d oeil sur les rapports Nord-Sud,les institutions de bretton Woods,la mondialisation,la pensèe unique et, plus près de nous, la guerre en Casamance.
"Le serment" place le serment en situation et a la loupe:
Le serment dans ses formes multiples et varièes.
C est la un regard original, celui d un homme attachè aux ideaux de la REPUBLIQUE et respectueux des relations humaines qui interroge la vie, la mort, la foi, la deontologie,la verite,la justice dans leurs formes les plus simples.
Voici un texte riche, accessible au commun des mortels,qui invite aux debats contradictoires.
Est ce la une nouvelle facon d ecrire?
Une facon de crier sans ouvrir la bouche?
Quand sortira le rale,laissera- t il quelqu un indiferend?
SIDY DIALLO

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Re: le serment
Auteur: krissa
Date: 01-09-2006 09:39

Jusqu'à trois heures du matin il était chez lui à son bureau, en train de chercher en vain dans ses codes et son imagination des éléments pour défendre une cause presque perdue.

Aucune idée.

La fatigue et l'absence d'une lueur d'espoir avaient fini de le contraindre à se jeter sur le lit en se disant pour se donner bonne conscience que la nuit porte conseil.

A sept heures du matin il sauta de son lit et se rendit tout de suite compte qu'il avait oublié de recharger son téléphone portable.

Qu' à cela ne tienne, il fallait partir tout de suite après une toilette de chat, parce qu'il savait que l'affaire devait être évoquée vers huit heures quarante-cinq.

A huit heures le voilà au Palais de Justice, dans la salle des Avocats, ouvrant fébrilement son casier, duquel il sortit sa robe qu'il enfila rapidement.

Il referma le casier et ouvrit sa boîte à lettres, où il trouva un courrier estampillé « URGENT ».

D'un pas ferme il prit la direction de la salle d'audiences des référés, en ouvrant le pli qu'il voulait lire tout de suite.

Il s'arrêta à la porte de la salle d'audiences pour prendre connaissance de la teneur du courrier.
# Posted on Wednesday, 11 October 2006 at 8:24 AM
Edited on Wednesday, 11 October 2006 at 8:35 AM

le serment

le serment
Re: le serment
Auteur: krissa
Date: 01-09-2006 09:54

Après lecture il comprit que Monsieur le Bâtonnier lui demandait de le rencontrer ce jour même à huit heures quinze, en ses bureaux au bâtonnat.

Que faire ?

Aller à l'audience et manquer le rendez-vous avec le Bâtonnier, ou aller au rendez-vous et sacrifier cette cause qui lui tient tant à c½ur ?

Il plongea sa main dans la poche de sa veste et sortit son portable pour appeler le Secrétariat du Bâtonnier.

Après avoir constaté que le téléphone n'était pas chargé, il décida de sen rendre en personne au secrétariat pour avertir de son éventuel retard.

Après tout, cela ne lui prendrait que cinq minutes.

- Bonjour, Madame.
Personne ne répondit. Pas l'ombre d'une secrétaire, encore moins celle du Bâtonnier.
Il rebroussa chemin et cette fois-ci entra directement dans la salle d'audiences.

Deux Avocats étaient en train de plaider.
Il s'assit tranquillement à côté d'un confrère et, après un salut de la tête, lui chuchota à l'oreille :

- Tu n'as pas entendu appeler une de mes affaires ?
- Non, celle–ci est la troisième.
- Merci !

« Heureusement », se dit-il intérieurement.
Le temps de sortir ses dossiers de son sac usé et déteint, son affaire fut appelée par le Tribunal.

Comme un robot il se leva, les yeux livides, la tête vide, le c½ur battant distillant un stress crescendo qu'il essayait d'étouffer par un visage serein.

Son confrère adverse le rejoignit rapidement à la barre.

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Re: le serment
Auteur: krissa
Date: 01-09-2006 10:05

La dame qui présidait l'audience dit sur un ton calme :

- Maître Pape Sidy, vous êtes demanderesse à la difficulté, vous avez la parole.

Il plaida. Son confrère ensuite.
Le juge mit l'affaire en délibéré pour que l'ordonnance soit rendue à huitaine.

Quant il arriva au secrétariat de l'Ordre, il était neuf heures cinquante-huit. Il attendit que la secrétaire raccroche son téléphone. La bribe finale de la conversation qu'il venait d'entendre lui fit comprendre que le Bâtonnier était à son bureau.

- Bonjour, Madame.
- Bonjour, Maître.
- Je voudrais voir le Bâtonnier, j'ai un rendez-vous avec lui.
- Ah oui, il vous a longtemps attendu. Asseyez-vous ; je vais vous annoncer, mais je vous informe tout de suite qu'il est amer.

Dans son fauteuil, il avait envie de demander à la secrétaire la raison de sa convocation, mais la retenue l'en empêcha.

- Allez-y, Maître.
- Merci, Madame.


Dans le bureau du Bâtonnier.

- Bonjour, Monsieur le Bâtonnier.
- Bonjour, confrère, asseyez-vous.
- Merci, Monsieur le Bâtonnier.
- Je vois que vous êtes très ponctuel !
- Hein, c'est à dire, j'avais un référé très important à plaider ce matin.
- Plus important que le Bâtonnier ?
- Non,ce n'est pas ce que je veux dire.
- Allons, calmez-vous et racontez-moi votre référé.

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Re: le serment
Auteur: krissa
Date: 01-09-2006 10:36

- Le bailleur a commis un huissier pour exécuter une ordonnance d'expulsion contre ma cliente, qui est veuve avec trois enfants.
- Alors, tout naturellement, vous avez exposé au juge que votre cliente est une veuve avec trois enfants ?
- Oui, mais je lui ai surtout fait comprendre que ma mandante a une maison en banlieue, mais ne pouvait pas y déménager maintenant à cause des inondations.
- Et combien de mois de délai avez-vous demandé ?
- Trois mois.
- Vous êtes sûr que dans trois mois les inondations ne seront plus qu'un souvenir ?
- Non, Monsieur le Bâtonnier.
- Et pourquoi avez-vous sollicité trois mois ?
- Parce que je sûr qu'avant trois mois la Cour d'Appel que j'ai saisie infirmera l'ordonnance.
- Et pour quel motif ?
- Parce que le preneur est décédé depuis quatre mois et j'ai par-devers moi le certificat de décès.
- Vous ne pensez pas que vous touchiez là au fond de l'affaire et que le Juge risque de se déclarer incompétent ?
- Non, Monsieur le Bâtonnier,je compte établir devant la Cour que l'ordonnance dont il est fait appel n'est pas contradictoire, car le preneur était déjà décédé au jour de l'assignation, ce qui n'a pas empêché l'huissier d'écrire dans son exploit que l'acte extrajudiciaire a été servi à personne.
- Pensez-vous que le juge des référés puisse accueillir favorablement un tel moyen ?
- J'ai sommé l'huissier quia servi l'acte. Devant le certificat de décès, il a reconnu que son exploit est un faux.
- Il a osé répondre ainsi à votre sommation ?
- Non, en vérité, il a déclaré que c'est une erreur de son clerc.
- Alors ?
- Alors je lui ai fait savoir que je me voyais contraint de saisir le Procureur Général et le Conseil de l'Ordre des huissiers avec ampliation à vous, s'il n'acceptait pas de déclarer sur la nouvelle sommation que je lui ai envoyée que son acte est un faux, d'autant plus que je sais pourquoi l'acte a été ainsi établi, parce qu'en vérité, le défunt a payé bien avant sa mort vingt-huit mois de loyers d'avance par une cession de créance acceptée par le bailleur qui est rentré dans ses fonds avant même sa mort. Il a même délivré bonne et valable quittance par le même huissier.
- Je vois, vous allez dire à la Cour que le commandement de payer une somme indue, qui plus est à un défunt, ne saurait être regardé comme un acte valable.
- Exactement et pour mettre la cerise sur le gâteau, le requis, mort ou vif, a payé tous ses loyers jusqu'à aujourd'hui ainsi que pour les mois à venir.
- Je vois, c'et une affaire intéressante ; tenez-moi informé de l'arrêt de la Cour quand il tombera.
- Dois-je saisir le Conseil de l'Ordre sur le comportement de cet huissier ?
- Bien sûr. Bon, venons-en à l'objet de notre entrevue. Je vous ai appelé pour vous commettre d'office dans une affaire de meurtre qui sera évoquée sous peu devant la Cour d'Assises. Il s'agit d'une affaire extrêmement difficile.
- Mais alors pourquoi moi ?
- Parce que l'affaire que vous venez de me relater me conforte dans mon choix. Je pense effectivement que vous pouvez utilement vous occuper de cette affaire.
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# Posted on Wednesday, 11 October 2006 at 8:38 AM

le serment

le serment
Re: le serment
Auteur: krissa
Date: 01-09-2006 11:07

- Mais Monsieur le Bâtonnier, je dispose de si peu de temps pour une affaire de cette nature. Enfin ; est-ce que je peux savoir de quoi il s'agit ?
- Très bonne question. Voici le dossier. Vous vous rapprochez du Parquet Général pour avoir les pièces et les informations complémentaires. Après lecture du dossier, vous saurez de quoi il s'agit. J'ai déjà écrit au Parquet Général pour l'informer de votre commission d'office. Bien, à présent, je dois aller rencontrer le Premier Président de la Cour d'Appel au sujet de la prestation de serment des futurs confrères.
- Mais, Monsieur le...
- Bonne journée, cher confrère.


Il comprit que la cause était entendue sans qu'il soit besoin de prolonger davantage la conversation. Le Bâtonnier lui avait déjà tendu la main et il ne restait plus qu'à répondre à la politesse. Ce qu'il fit, la gorge nouée et le c½ur gros. Il tourna le dos au Bâtonnier qui rangeait sa table, pour se diriger vers la porte d'un pas fébrile.

A deux pas de la porte, il entendit :

- Cher confrère, vous n'êtes pas content ?
- Monsieur le Bâtonnier, je suis commis d'office et je ferai mon travail, mais je vous mentirais si je vous disais que je suis content.
- Vous avez une bien curieuse manière de répondre. Je pense qu'il serait bon de savoir ce qu'en pense le Conseil de l'Ordre.

Il sortit du bureau sans mot dire, si abattu qu'il oublia de dire au revoir à la secrétaire qui le regarda déambuler avec sa robe sur les épaules dans les labyrinthes de la salle des pas perdus.

Dans sa tête s'entrechoquaient pêle-mêle la veuve et les orphelins, la commission d'office, la Cour d'Assises et la citation à comparaître devant le Conseil de l'Ordre pour la première fois de sa carrière.

Il ne faisait même plus attention aux « Bonjours » de ses confrères interloqués qui le regardaient se diriger vers le parking.

Il démarra en trombe pour se fondre dans la circulation, déjà si embouteillée,qui excitait ses nerfs à fleur de peau.

Arrivé à son Etude il se ressaisit rapidement et monta les escaliers qui le séparaient du deuxième étage, où nichait son officie.

Après avoir lancé un bonjour à la secrétaire et aux clercs, il rentra dans son bureau, accrocha sa robe et sortit les dossiers de son sac et s'assit dans son fauteuil, quand entra la secrétaire.

Avant que celle-ci n'ouvre la bouche, il lui lança :

- Où est le patron ?
- Il est en principe au Palais, vous ne l'avez pas vu ?
- Non, dites-moi,l'huissier n'a pas encore retourné la deuxième sommation interpellative ?
- Non, Maître, par contre il y a beaucoup de courriers urgents et des appels téléphoniques.

Le téléphone sonna.

La secrétaire s'avança vers le combiné et décrocha.

- C'est pour vous, Maître.

En prenant le combiné, il dit à la secrétaire : « J'espère que ce n'est pas le Président de la République »

Puis la secrétaire l'entendit dire :

- Oui, c'est moi-même, que puis-je faire pour vous ?
- ............................................................
- Ah oui, je vois, bonjour Madame la Directrice.
- ............................................................

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Re: le serment
Auteur: krissa
Date: 01-09-2006 11:53

- Oui je suis son père, que se passe t-il ?
- ...............................................................
- Vous le dites pour me rassurer, où est-il ?
- ...............................................................
- Bon, j'arrive tout de suite.

Il raccrocha le téléphone, reprit tous les dossiers qui étaient sur son bureau et les rangea dans on sac.

Il jeta un coup d'½il sur sa montre. 11 heures 10.

- Mademoiselle, soyez gentille, annulez tous mes rendez-vous de cet après midi et dites au patron que je l'appellerai.

Il dévala les escaliers pour atterrir sur son véhicule mis en marche en moins d'une minute.

Encore cette circulation, qui lui rappelait Sisyphe. Mais cette fois-ci il faisait bien partie des conducteurs indisciplinés parce que, pour lui, tous les moyens et tous les endroits pour avancer étaient bons. D'ailleurs le policier en faction était trop pris à jouer un manège avec trois conducteurs à qui il avait retiré les pièces. Il pensait que ceux là avaient plutôt besoin de CFA que d'arrêt.

Enfin, éprouvé, éreinté, il prit le dernier virage qui mène tout droit à l'école de son fils.

Un dos d'âne, un dos de cochon, un dos de chameau, le grincement de ses amortisseurs coulés depuis belle lurette. Ce parcours du combattant l'avait empêché de voir que la chaussée était obstruée par une foule de personnes qui avaient installé leurs chaises partout, bouchant le passage.

Un décès ou un baptême, pensa- t-il en appuyant sur la pédale de frein, énervé comme tout.

Il descendit de son véhicule, claqua la portière qu'il ferma à clé avant d'entamer le reste du trajet d'un pas véloce.

La Directrice l'attendait devant son bureau, l'air inquiet.

Elle n'eut aucune peine à deviner son identité, au vu de ses traits tirés et de la sueur qui perlait son visage, noirci par une barbe de trois jours.

Elle s'enquit :

- Maître Pape Sidy ?
- Oui, Madame. Que se passe t-il ?
- Oh, rien de grave.
- A vous voir, on ne dirait pas.
- Entrez, l'infirmière est là.
- Qu'est ce qui s'est passé ?
- Le professeur m'a dit qu'il a eu des vertiges et il est tombé en perdant connaissance.

D'un regard interrogateur, il fixa l'infirmière qui appliquait des compresses sur le front de l'enfant.

- Rassurez-vous, Monsieur, il faisait de la fièvre. Sa tension a subitement baissé.
- Combien ?
- 10

Il se tourna vers le directrice.

- pourquoi ne l'aviez–vous pas évacué à la clinique ?
- On attendait que vous soyez là, Maître.
- Et pourquoi ? Lors de on inscription, j'avais bien indiqué sur sa fiche à quelle clinique il fallait l'évacuer en cas de problème.

- Vous avez raison, Maître ; j'était tellement paniquée que je n'ai même pas pensé à sortir sa fiche. Excusez-moi.

- Comment va t-il maintenant ?

- Papa ! s'écria l'enfant.

- Vous voyez, il reprend ses esprits.

Il s'avança vers le lit de consultation, prit les deux bras de son fils et l'embrassa tendrement sur le front.

- Courage fiston,je suis là. Ca va mieux ?

-L'enfant hocha la tête.

Il regarda sa montre. Il était midi.
Une sirène retentit pour lâcher une horde d'élèves qui allaient dans tous les sens, avec un vacarme qui jurait d'avec le silence du temple de Thémis.

- Qu'est ce que vous allez faire, Maître ?
- Qu'est ce que vous voulez que je fasse avec l'embouteillage ?
Un élève entra brusquement dans le bureau.

- Madame la Directrice ! Madame la Directrice !
- Qu'est ce qu'il y a ?
- Ils ont mis des sabots sur les roues d'une voiture bleue derrière la maison où il y a le baptême. Ca doit être la voiture d'un parent d'élève qui vient prendre ses enfants.
- Où sont-ils ?
- Ils sont partis avec leur voiture.
- Maître, j'espère que ce n'est pas votre véhicule ?
- J'ai bien peur que si, Madame la Directrice.

Il sentit ses forces l'abandonner et s'affala dans le fauteuil le plus proche.

Il sortit une cigarette et chercher on briquet.

- Désolée Maître, il est interdit de fumer ici.
- Excusez-moi, Madame la Directrice. Mais pourquoi avez-vous éteint votre climatiseur ?
- C'est un délestage, Maître.

Plus tard, à la maison.

- Bon, ne vous inquiétez pas, Maître, je lui ai fait une injection pour couper la fièvre. Il va longtemps dormir, mais à son réveil, veillez a ce qu'il mange bien. Voilà une ordonnance pour lui et respectez bien mes prescriptions. Demain il se sentira comme un charme, mais n'arrêtez pas le traitement. Appelez-moi s'il y a des complications.
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# Posted on Wednesday, 11 October 2006 at 8:44 AM

le serment

le serment
Re: le serment
Auteur: diene
Date: 01-09-2006 12:02

Bonjour krissa

J'ai conseillé a ma soeur de lire les couleurs de la conscience
Elle en a meme pleuré,
La je ne peux m'empecher de faire un tour chaque matin sur sentoo pour voir si tu as commencé un nouveau roman
C'est avec joie que j'ai vu que mon souhait s'est réalisé
Merci
Nous suivons le roman de tres prés

Bonne continuation

25-30

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Re: le serment
Auteur: krissa
Date: 01-09-2006 12:14

- Merci, Docteur.
- Au revoir, Maître.

A la maison,le téléphone sonna.

Ah, bonjour Mademoiselle Bâ, je devine que c'est le patron qui m'appelle. Oui,je ne quitte pas.

- Ca va !
- ..........................................
- Je ne sais pas ce qui m'arrive.
- ..........................................
- Mon portable est déchargé depuis hier.
- .............................................
- Non, j'ai faim, j'ai chaud, je suis crevé, je n'ai plus de véhicule, j'ai sommeil, mon fils est malade.
- .............................................
- Non, rien de grave, j'ai besoin de dormir un peu pour me retaper.
- ................................................
- Non, cet après midi, ce n'est pas possible. D'ailleurs j'ai déjà dit à Mademoiselle Bâ d'annuler mes rendez-vous.
- ..............................................
- Oui je sais, mais je ne pouvais pas faire autrement.
- ................................................
- OK, je prendrai les audiences demain. Je passerai très tôt au cabinet pour préparer les dossiers.
- ...................................................
- A demain.

Il raccrocha le téléphone et appela la domestique.

- Astou, Astou ? S'il te plaît, va m'acheter ces médicaments avant le réveil de Abib. A ton retour, prépare-moi quelque chose à grignoter avant le dîner.

Il partit couvrir Abib dans sa chambre et revint se coucher sur le canapé.

Au moment où Morphée allait le prendre dans ses bras, le téléphone sonna encore.

- Allo.
- ............................................................
- Ah, c'est toi Marième ça fait un bail !
- ............................................................
- C'est vrai, il était déchargé.
- ...............................................................
- Oui, il n'y a pas de problème, appelle ma secrétaire et elle te donnera rendez-vous.
- ..................................................................
- Aujourd'hui ? Tu as reçu une assignation pour demain ?
- .....................................................................
- Alors, rien n'urge, fais comme je t'ai dit, s'il te plaît.
Aujourd'hui c'est trop serré pour moi. Et puis je suis déjà à la maison et je ne peux plus sortir.
-...................................................
- Non, arrête ton char, je suis seul.
-...........................................................................
- Quoi tu viens tout de suite ? Non, écoute Marième, écoute s'il te plaît.
-.....................................................................
- Elle a raccroché.

Il entendit un bruit derrière lui et fit instinctivement volte face.

- Ah ! c'est toi Astou, j'avais oublié que tu était allée à la pharmacie. Merci pour les médicaments ; tu peux les poser sur le guéridon en attendant le réveil de Abib.
- Tu le surveilles de temps en temps, moi je vais aller m'allonger un peu dans ma chambre.

Sitôt dit sitôt fait.

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Re: le serment
Auteur: krissa
Date: 01-09-2006 12:30

Mais cette fois Morphée a préféré lui envoyer de images plutôt que de venir elle même.

Le juge des référés, le Bâtonnier Albert, sa commission d'office, son éventuelle citation à comparaître devant le Conseil de l'Ordre, les sabots sur les roues de sa voiture, son fils malade, sa faim, son stress, ces trous comme des puits sur la chaussée, ces ordures et ces odeurs pestilentielles ...

Quand Astou frappa à sa porte, il sursauta en sueur et e ressaisit.

- Entrez.
- C'est moi Maître, vous avez de la visite.
- Qui est ce ?
- Elle s'appelle Marième.
- Où elle est ?
- A la porte d'entrée.
- Il réfléchit un peu et dit.
- Fais la entrer au salon, j'arrive.

Il se leva difficilement du lit pour aller se débarbouiller dans la salle de bain.

Il se regarda longuement dans le miroir et ne savait pas quoi penser de lui.

- Bonjour, Marième.
- Bonjour, Pape Sidy.
- Comment ça va ?
- Ca va bien.
- Alors, si ça va bien, pourquoi as-tu tenu à me voir coûte que coûte aujourd'hui, chez moi et à cette heure ?
- Rassure-toi, je ne viens pas m'inviter à dîner.
- Mon dieu, j'avais oublié de dire à Astou que j'attendais quelqu'un à dîner parce que je savais que tu pourrais être là à vingt heures. Mais heureusement, j'ai un repas froid dans le frigo.



Message modifié 06-09-2006 17:15

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Re: le serment
Auteur: krissa
Date: 01-09-2006 13:23

- Non merci, je n'ai pas faim. J'ai l'impression que ma présence te dérange.
- Non, ne fais pas attention, je suis fatigué c'est tout.
- Et Abib, il va bien ?
- Oui , il va bien, il dort.
- Qu'est ce que je peux t'offrir à boire ?
- Rien, merci.
- Allons, arrête des caprices. Je vois que tu n'as pas changé.
- Astou, Astou, donne nous deux verres de jus de fruit dela passion s'il te plaît.
- Alors, comment va la vie ? Je constate que tu es toujours charmante et resplendissante.
- Arrête, tu n'as jamais voulu de moi.
- Non, ne dis pas ça.
- Je ne fais que constater une vérité évidente.
- Tu sais, je n'ai toujours pas oublié le jour où ton père m'a appelé pour me dire : « ............... je ne donnerai jamais ma fille en mariage à un Avocat parce que tous les Avocats sont des menteurs.
A leur mort, ils seront enterrés le front contre la terre et iront tout droit en enfer ». Tu n'as pas oublié ça j'espère ?

- Non, mais mon père ce n'est pas moi.
- Bon, ne parlons plus de ça parce que tu m'as oublié avec François et des échos qui me reviennent, vous êtes bien ensemble. Tiens comment va t-il ?
- Mal.
- Mal ! Pourquoi ?
- C'est à cause de lui que je suis venue te voir.
- Il est malade ?
- Non !
- Vous vous êtes séparés ?
- Non !
- Alors que se passe t-il ?
- Il doit être jugé pour meurtre par la Cour d'Assises.
- Bon Dieu !
- Quoi ? Tu ne veux pas le défendre ?
- Non, je n'ai pas dit ça.
- Si, parce que tu as été son rival malheureux et que mon père le préférait à toi.
- Non, tu sais bien que pour moi tout cela est de l'histoire ancienne. Alors parle-moi de l'affaire.
- Mais je t'ai déjà dit qu'il doit être jugé pour meurtre.
- Oui, mais il est coupable ou non. Qui a t-il tué ?
- Je ne sais pas s'il est coupable ou innocent.
- Comment tu ne sais pas. Tu ne l'as pas vu ?
- Si, je viens de la prison comme ça. Je t'ai appelé tout à l'heure à la sortie de la prison.
- Alors, si tu l'as vu, il t'a bien dit s'il est coupable ou innocent.
- Oui, il m'a dit qu'il est innocent.
- Alors, pourquoi tu ne me le dis pas ?
- Je ne sais pas.
- Comment tu ne sais pas ? Tu ne le crois pas ?
- Je ne sais pas.

ELLe fondit en larmes, puis en sanglots interminables. Il s'approcha d'elle, se mit sur le bras du fauteuil où elle était assise pour la consoler.
- Calme-toi, Marième. Les larmes n'ont jamais réglé un problème. Les larmes, c'est toujours four la fin d'un combat. Alors, pleurer maintenant, c'est capituler. Si tu veux que je t'aide, j'ai besoin de te savoir forte et déterminée. Viens, tu vas te laver la figure et puis on va parler calmement.
# Posted on Wednesday, 11 October 2006 at 8:46 AM

le serment

le serment
Re: le serment
Auteur: krissa
Date: 01-09-2006 13:57

Dix minutes après il avait réussi à la calmer et s'était mis en face d'elle pour entamer la discussion.

- Tu sais, François et moi, on doit se marier bientôt. Et malgré le décès de son père il y a quelques temps et on emprisonnement, il maintient la date que nous avions fixée par un serment, qu'il n'entend pas violer. Moi aussi, je ne veux pas violer le serment, mais je sais que je flancherai à force de vouloir vivre avec un condamné à perpétuité ou à mort. Je ne sais pas ce que j'ai fait au bon dieu pour mériter un si cruel destin.

Sais-tu que j'ai perdu mon père il y a six mois, juste deux mois avant la mort du père de François ? C'est en présence de mon père que nous avions fait le serment. Tu sais que mon père et moi étions très liés et que je ne pouvais rien lui refuser. Tu n'ignores pas non plus l'estime qu'il portait pour François, parce qu'il était enseignant comme lui. Il arrivait qu'ils restent des heures et des heures à discuter de littérature, de philosophie et des événements avec leurs élèves, de la justesse ou non de leurs grèves...

- Dis-moi, ton père savait-il que François a été ton professeur en sixième ?
- Oui,il le savait, mais cela ne l'a jamais choqué, je ne sais pas pourquoi.
- Excuse-moi, c'était une question indiscrète, tu peux continuer.
- Quelques temps avant sa mort j'avais rencontré un certain Tapha qui travaille à Lausanne en Suisse. Nous éprouvions une attraction réciproque et il passait me voir de temps en temps à la maison pour mieux me connaître, disait-il, avant la fin de ses vacances. Cela n'était bien sûr ni du goût de mon père encore moins de celui de François. C'est à cause de cela que mon père avait subitement organisé une rencontre entre François et moi pour que nous fassions devant lui le serment de nous marier. Je ne peux pas dire si François y était pour quelque chose ou non. Quoi qu'il en soit, il est certain que mon père voulait barrer la route à Tapha, qu'il trouvait prétentieux et hautain.

Bien que j'en eusse parlé à Tapha, ce dernier n'entendait pas en démordre, malgré l'attitude et les quolibets qu'il entendait de mon père. Les choses dégénérèrent un jour où François le rencontra chez moi. En effet, le ton était monté entre les deux hommes et il avait fallu qu'on les sépare pour qu'ils n'en reviennent pas aux mains.

Ce jour-là François l'avait menacé de mort la prochaine fois qu'il le rencontrerait encore chez moi.

Tapha était parti en lui disant : « on verra ça ».

François ne m'a jamais rien dit de cet incident, toujours est-il que je n'avais plus revu Tapha depuis une semaine. A la fin de la semaine, j'étais avec François en train de causer au salon vers 20 heures 30 quand le fils du voisin vint me dire : « Marième, viens répondre au téléphone à Tapha ».

Je me suis excusée et je me suis sortie.

Chez le voisin.

- Allô Marième. Comment vas-tu ?
- Je vais bien et toi.
- Moi ça va, sauf que j'ai consacré mon temps à faire le tour des parents parce que, tu sais, je dois rentrer dans dix jours.
- Ah oui, c'est vrai, tu me l'avais dit.
- Bon, je t'appelais pour te dire que je t'invite samedi prochain. Je passerai te prendre vers minuit.
- Je suis d'accord, mais j'aimerais que tu ne viennes pas chez moi.
- Ah non, je ne peux pas te rencontrer quelque part, comme si je me cachais ou si j'avais peur de quelqu'un.
Je réfléchis un moment puis fis : « OK, c'est bon pour moi ».

Je suis retournée à la maison où j'ai trouvé François qui somnolait sur le canapé, alors que le volume de la télé était augmenté à fond.

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Re: le serment
Auteur: krissa
Date: 01-09-2006 14:12

- C'était Tapha, il m'a invité samedi à aller danser pour me dire au revoir, parce qu'il rentre dans dix jour.

Il n'a rien et s'est levé pour me souhaiter bonne nuit par un petit bisou. Je l'ai accompagné jusqu'à la porte.

- Au revoir.
- Au revoir.
- Et après ?
- Après il est parti et mois je suis allée me coucher.
- Pourquoi Tapha est-il resté une semaine sans passer te voir et sans te passer un coup de fil ?
- Je ne sais pas, mais il m'avait dit avoir un cousin drogué qui ne voulait pas qu'il me fréquente parce que selon lui je ne l'aimais pas et voulais seulement profiter de son argent. Il m'a informé qu'en vérité c'est son cousin et son ami. Il m'a même raconté qu'un jour il l'avait enfermé à clef dans la chambre qu'ils partageaient, pour l'empêcher de venir me voir, en lui disant toutes sortes d'insanités sur moi. Il lui aurait même dit que je le rendais cocu avec François et que cela portait atteinte à l'honneur de leur famille.

- De quoi se mêlait-il celui-là ?

- Je ne sais pas, sinon qu'il était très violent quand il fumait du chanvre et que Tapha avait un peu peur de lui et évitait de le contrarier.

- Ensuite ?

- Ensuite, le samedi en question,j'ai attendu en vain Tapha qui n'est pas venu.

- Et François, il est venu ?

- Non plus. A deux heures je suis allée me coucher, inquiète sans savoir pourquoi.

Le lendemain le frère de François est venu me réveiller vers dix heures pour me dire que son frère était arrêté et gardé à vue à l'hôtel de police.
# Posted on Wednesday, 11 October 2006 at 8:47 AM